Depuis plusieurs années maintenant la production des bateaux de plaisance s’appuie sur des outils industriels modernes qui permettent de sécuriser l’activité pour les employés, d’accroitre la productivité et de s’adapter plus rapidement aux évolutions du marché ou à la demande des clients. Produire en toute sécurité plus vite et mieux pour répondre aux exigences d’un marché mondial en expansion!

Comment sont conçus et modélisés les bateaux de plaisance de demain?

Les ingénieurs du bureau d’étude élaborent un modèle numérique de chaque navire et la proximité avec la ligne de production leur permet de valider et de corriger le cas échéant les plans des aménagements. Cela permet d’optimiser l’ergonomie et l’habitabilité des nouveaux bateaux et sert pour toutes les étapes de la production. La maquette numérique est ensuite ventilée aux différents services de la ligne de production afin d’optimiser les différentes étapes de la construction: menuiserie, pose d’équipements, câblage, plomberie, électronique, etc.

Le chantier français Bénéteau, leader mondial de la plaisance est à la pointe dans ce domaine mais les autres chantiers appliquent les mêmes méthodes et recherchent les mêmes compétences chez leurs employés. Le nauti campus centralise ces offres d’emploi des grands chantiers de la filière nautique, en Occitanie ce sont les chantiers Outremer, Gunboat, Catana, Bali ou Windelo qui recherchent des dessinateurs, des architectes nautiques et des ingénieurs en matériaux, électronique ou autres.

Lorsqu’un client demande une option spécifique qui nécessite une adaptation des aménagements, c’est encore les ingénieurs du bureau d’étude qui, à partir de la maquette numérique, valide la faisabilité technique du projet. Par exemple un projet d’installation d’un compresseur de plongée et d’un rac à bouteilles d’air comprimé passe nécessairement par une étude de structure et de répartition des masses sur le modèle numérique pour être validé.

Le numérique permet donc de relever le défis du sur mesure qui caractérise l’industrie nautique.

Comment les chantiers innovent dans la relation client?

L’industrie nautique est un secteur d’excellence capable de proposer des solutions personnalisées à une clientèle toujours plus exigeante.

Des visites de l’usine de production par les clients

Pour relever ce défis, les chantiers ouvrent de plus en plus souvent leurs portes et accueillent directement les clients sur la ligne de production pendant la construction de leur propre bateau de plaisance. L’objectif étant de faire connaître le savoir faire du constructeur et d’optimiser la connaissance du bateau par le client. Cette meilleur connaissance étant un atout primordial de sécurité et de sérénité pour ces plaisanciers qui vont parfois parcourir les océans.

En terme de formation, ce nouveau type de service proposé aux clients crée un besoin de former et de recruter des cadres commerciaux et techniques polyvalents ayant une parfaite maîtrise du bateau et de la navigation de plaisance. Ce type de formation est proposé en BTS TC option Nautisme ou en licence pro nautisme et métiers de la plaisance à Cannes.

Le chantier Jeanneau reçoit par exemple des clients sur la ligne de production, directement à l’usine.

Des visites et des salons nautiques virtuels

Dans le contexte sanitaire actuel les constructeurs s’appuient sur les salon virtuels puisque la majorité des salons nautiques ont été annulés à travers toute l’Europe en 2020-2021. Cela fait aussi appel à de nouveaux outils numériques avec des stands virtuels, des visites 360° virtuelle et un contact client dématérialisé.

La fédération des Industries Nautiques (F.I.N) est en train de mettre en place un salon nautique de Paris virtuel pour le printemps 2021: le virtual nautic.

Les professionnels du nautisme pourront les 12 et 13 mars prochain mettre en avant virtuellement leurs productions

Le chantier Catana à Canet, propose des visites virtuelles disponibles en ligne pour l’ensemble de sa gamme Bali. Le commercial présente les caractéristiques du bateau comme il le fait habituellement sur un salon nautique traditionnel en présence des clients.

Le chantier Outremer ou le chantier Gunboat du groupe Grand Large Yachting, à La Grande Motte adoptent le même type de support de communication. Chaque modèle est présenté en détail et l’on évoque les options et personnalisations disponibles pour les clients. Des images de qualité sous tous les angles complétées par des vidéos de visites virtuelles animées par un commercial.

Quels sont les nouveaux outils numériques de contrôle qualité?

L’industrie nautique est en pleine expansion et chaque constructeur voit sa production augmenter avec son carnet de commande. Cependant, la clientèle fait preuve d’un très haut niveau d’exigence en terme de qualité sur ces produits de luxe et de haute technologie que sont les bateaux de plaisance d’aujourd’hui.

Avant la livraison au client il y a aussi une phase de test de l’ensemble des équipements et des éléments du bateau accompagnée d’un contrôle des finitions notamment.

Les indicateurs de qualité portent sur des éléments qualitatifs : brillance des œuvres mortes, sensation d’espace ou accessibilité par exemple. Mais ce sont aussi des éléments quantitatifs: jeux entre les pièces, masse des éléments, capacité du parc batterie, etc.

De plus en plus ces contrôles qualité font appel à des outils et des procédures numériques afin de gagner du temps et de faciliter la communication interne, le stockage ou l’exploitation de ces données.

Là encore c’est donc de nouveaux métiers et de nouvelles compétences qui font leur entrée dans l’industrie nautique. Le nautisme avait jusqu’à présent surtout recruté des ouvriers et des employés, c’est à dire à des niveaux de qualification inférieurs ou égaux au bac mais l’évolution est en marche. La filière et son industrialisation ont des besoins grandissant sur des niveaux de qualification de plus en plus élevés: responsables qualité, approvisionneurs, chef de projet, etc.

Optimiser la productivité d’un procédé industriel passe par les outils numériques en nautisme comme dans d’autres filières industrielles.

Quels sont les nouveaux outils numériques de maintenance?

La construction d’un bateau de plaisance implique l’assemblage de plusieurs milliers de pièces en respectant des procédures très précises et très rigoureuses. la maîtrise des coûts et des temps dans le processus de production nécessite le recours à des nouveaux outils numériques pour structurer la charge de travail des équipes et leur approvisionnement en pièces.

L’augmentation de la taille des usines de production de l’industrie nautique va de paire avec le recrutement de cadres et le déploiements d’outils permettant une analyse partagée de la production en temps réel.

Ce type d’outil permet de replanifier des interventions impossibles à mettre en œuvre tout de suite ou de coordonner les équipes de menuisiers, de plombiers ou d’électriciens.

le campus des métiers du nautisme Occitanie a ouvert une formation inédite au lycée des métiers du nautisme de Canet en Roussillon. A la suite d’une enquête menée en Juin dernier auprès des professionnels régionaux du secteur de la voilerie et de la sellerie, le campus a identifié un certain nombre de compétences recherchées qui ne figurent pas dans les référentiels des diplômes existants: CAP sellerie générale, Bac Pro sellerie garnissage notamment. Pour faciliter l’insertion professionnelle des jeunes diplômés et pour accompagner le développement économique en favorisant le recrutement, Une formation complémentaire en voilerie et sellerie nautique a été crée.

Quel est le contexte économique?

La mise œuvre des matériaux souples en nautisme recouvre deux activités distinctes : la sellerie nautique et la voilerie. la région Occitanie accueil une trentaine d’entreprises de ce type. La sellerie nautique c’est la fabrication sur mesure de protections solaires (taud, bimini, capote, lazy bag) et la sellerie garnissage (assises, bains de soleil). La voilerie c’est la fabrication et l’entretien des voiles et de leurs composants. 40% des entreprises du secteur déclarent chercher à recruter. Ces petites structure ont peu de temps à consacrer à la formation interne et 36% d’entre elles connaissent un turn over important des employés qui partent souvent créer leur propre structure.

Actuellement l’offre de formation initiale se limite à la sellerie avec le CAP Sellerie Générale et le Bac Pro Métiers du Cuir Option Sellerie Garnissage. La formation continue propose le CQP ouvrier voilier porté par la Fédération des Industries Nautiques (FIN), donc à ce jour les jeunes et la formation initiale était en marge de ce type de formation. En Occitanie il y a une trentaine d’entreprises qui pratiquent la double activité de sellerie nautique et de voilerie.

Elles font toutes part de difficultés à recruter un personnel qualifié et se déclarent entravées dans leur développement.

Quelle est l’activité de ses professionnels exactement?

Une majorité des entreprises du secteur pratiquent la double activité sellerie et voilerie: 72%. Cette polyvalence permet de gommer les effets de saisonnalité et d’étendre l’activité parfois au-delà du stricte secteur nautique. La voilerie connaît une forte activité au printemps puis un rebond en Septembre mais la sellerie nautique permet de remplir les carnets de commande de manière plus uniforme même si l’hiver reste une période de moindre activité. Seules 16% des entreprises rencontrées comportent plus de 5 employés: Delta Voiles, Vega Voiles, Clipper Voiles, La Voilerie BLR, Epure, pour ne citer que les principaux. C’est donc un tissu économique de Très Petites Entreprises au savoir faire artisanal. L’expertise de ces petites structures est grande et le travail relève quasi en permanence du sur mesure pour s’adapter à chaque bateau et à chaque programme de navigation.

Le montage et la réparation des voiles

En voilerie l’activité est largement axée sur la réparation et l’entretien des voiles. La conception et la fabrication restant l’apanage de quelques-uns ayant le savoir faire et la surface de travail appropriée.  D’autre part, la fabrication des voiles concerne à 75% les voiles de croisière puisque l’activité de régate est peu dynamique sur notre littoral. La voilerie exige un plancher de grande surface (jusqu’à 1400 m² chez Vega Voiles) pour des voiles dont la taille augmente avec celle des bateaux de plaisance. C’est une difficulté pour ces entreprises confrontées au prix du m² sur le littoral. D’autre part le poids de ces voiles pose des problèmes de manutention qui imposent une réflexion globale sur l’ergonomie des postes de travail.

L’activité gréement, qui concerne 44% de ces voileries, implique des compétences complémentaires de matelotage, sertissage et une solide expérience pratique de la voile. Cependant des entreprises emblématique du secteur recrutent: 1 chez atelier gréement à Canet et 2 chez Agréement à Port Camargue.

Dans notre région, les voileries qui se positionnent sur la glisse (Wind surf et Kite surf) représentent actuellement 12% du secteur. Elles sont portées par des passionnés pratiquants l’activité mais soumis à une forte saisonnalité et dépendants de la météo. Cela pèse fortement sur les recrutements dans ce secteur.

La sellerie nautique

En sellerie nautique la fabrication des tauds, biminis, capotes ou lazy bags fait appel à des techniques spécifiques peut enseignées en sellerie générale. Les matériaux (textiles extérieurs et films PVC transparents) sont mis en œuvre de façon personnalisée en fonction du programme de navigation et du budget. La prise de côte précise et rapide est essentielle si l’on veut limiter les allers-retours entre l’atelier et le bateau. Certains services innovants comme la broderie personnalisée qui pourraient être proposés à des plaisanciers de plus en plus « haut de gamme », ne sont pas encore disponibles faute de main d’œuvre qualifiée. Cependant 24% de ces entrepreneurs souhaiteraient pouvoir proposer ce service à leurs clients.  De la même manière, faute de capacité à se développer, ces entreprises locales ne vont pas chercher le marché des flottes de navigation fluviale au profit de grands groupes internationaux.

Quels sont les compétences attendues par les entreprises?

La première attente formulée, comme dans d’autres activités liées au nautisme, portent sur le savoir être et l’engagement avec une clientèle exigeante et des périodes de forte activité notamment en avant saison. La seconde attente porte sur une expérience ou une pratique nautique. Les contenus de formation attendus ne sont pas toujours les mêmes en sellerie et en voilerie :

En sellerie nautique :

En voilerie :

Comment est organisée ce module de formation complémentaire?

la durée de formation est de 12 semaines dont 4 en entreprise, soit 220h de cours en centre de formation et 140h en entreprise. Les jeunes en formation sont accompagnés pour solliciter en priorité les entreprises qui sont en phase de recrutement: BLR Voilerie à Leucate ou Ettore Voilerie à Port Camargue par exemple. Cette formation s’adresse aux jeunes titulaires d’un Bac Pro Sellerie ou éventuellement d’un CAP Sellerie. Les huit semaines de formation en centre sont bâties autour de deux axes : la sellerie nautique et la voilerie.

1ère Axe : La Sellerie Nautique (5 semaines) :

Les matériaux spécifiques, les techniques et l’accastillage associées/La prise de gabarit/ la conception, la fabrication et la maintenance des tauds, biminis, capotes, cagnards et lasy bag.

2ème Axe  : La Voilerie (3 semaines):

Les matériaux spécifiques et la culture nautique associées (vocabulaire et technique)/Maintenance et petites réparations sur les voiles (bande UV, bordages, renforts, pose d’accastillage)/L’assemblage des laizes et des renforts en accord avec la gamme de montage/ Le piquage spécifique « zig-zag » devant être mis en pratique avec les voileries partenaires à l’occasion des périodes en entreprise.

Quelle suite à donner à cette première?

Le format actuel sur 3 mois de formation est court par rapport à l’étendue des compétences attendues par les entreprises. Le recrutement a été compliqué par le faible délai entre l’enquête et l’ouverture. Pour toutes ces raisons, le campus porte un projet plus ambitieux d’une FCIL sur une année scolaire avec plusieurs périodes en entreprise.

Les conclusions de l’enquête auprès des professionnels en Occitanie recoupant les besoins identifiés sur la côte atlantique par le campus du nautisme des Pays de Loire ainsi que ceux identifiés par l’équipe du lycée Roz Glas de Quimperlé, nous devons ensemble apporter une réponse en terme de formation à ce secteur économique en tension.

L’industrie nautique maritime et fluviale recrute en Occitanie.Dans le contexte sanitaire actuel la filière nautique fait preuve de résilience: elle continue à recruter des hommes et des femmes pour construire, équiper et entretenir les bateaux de plaisance. En Occitanie c’est près de 11000 emplois directes( chiffre AGEFOS PME-CCI) dans le nautisme maritime et fluvial: construction, vente et négoce, maintenance, personnels des ports de plaisance, pour ne citer que les principaux. Ces offres d’emploi sont des opportunités de reconversion pour les demandeurs d’emploi mais aussi des débouchés locaux à des formations porteuses d’emploi pour les scolaires.

Qui recrute en Occitanie?

Le campus du nautisme reçoit régulièrement les offres d’emploi des entreprises partenaires que ce soit en plaisance maritime ou fluviale. les entreprises de construction recherchent des profils et des niveaux de compétence très variés. Aujourd’hui une part majoritaire des emplois de la filière concerne les niveaux employé et ouvrier mais les besoins évoluent avec la montée en technicité des bateaux de plaisance. L’industrie nautique recherche de plus en plus de personnels sur les cadres: commerciaux, concepteurs, responsable de communication, responsable d’atelier par exemple. La vente à l’exportation (76% de la production en France en 2019) requière des compétences en langue étrangère pour les commerciaux mais aussi pour les équipes qui assurent la prise en main ou le SAV.

Les grand chantiers

Les chantiers comme Windelo catamarans, Outremer Yachting ou Catana-Bali recrutent du niveau le plus élevé pour la conception et les bureaux d’étude aux qualifications de base pour la construction en composites, électricité ou menuiserie.

Les grands chantiers de construction de catamarans de croisière que nous avons en Occitanie de Canet en Roussillon à La Grande Motte recherchent actuellement et les offres sont consultables en temps réel sur les lien suivants:

vous pouvez aussi postuler directement dans le groupe CATANA pour des postes liés aux composites ou à la menuiserie.

Voici une courte vidéo qui permet de faire un tour d’horizon des métiers impliqués dans la construction d’un bateau de plaisance comme on en produit plusieurs dizaines par an dans les chantier précités. Ces chantiers recrutent des stratifieurs, des électriciens, des menuisiers, des mécaniciens, des commerciaux, des techniciens supérieurs, des ingénieurs, des architectes,…

Les entreprises de voilerie et sellerie nautique

Mais les constructeurs ne sont pas les seuls à recruter, il y a aussi tout un réseau de petites entreprises qui assurent l’entretient, la pose d’équipements ou le gréement. L’activité est variée, elle demande de l’application, de savoir utiliser les différentes machines à coudre, de prendre des mesures sur les bateaux et si possible, de posséder une expérience de plaisancier.

Les entreprises de maintenance nautique et du négoce

Dans notre région la “mécanique bateau” est un secteur où les besoins de recrutement croissent car les bateaux de plaisance sont de plus en plus grands et de plus en plus équipés. La maintenance de ces bateaux fait appel à des compétences en mécanique, électricité, électronique, hydraulique, froid et clim, etc. C’est donc des profils très variés et polyvalents qui sont recherchés. de belles opportunités de reconversion vers la filière nautique. A ceci s’ajoute un pyramide des âges qui fait que 20% des employés expérimentés vont partir en retraite dans les 5 ans à venir.

Le nautisme fluvial

La région Occitanie possède environ 240 km de façade maritime mais aussi autant de voies navigables (canal du midi, du Rhône à Sète, de la Robine, etc). Les entreprises nautiques implantées sur ces canaux pratiquent essentiellement de la location de coches de plaisance avec un forte majorité de clientèle étrangère aisée. Ces entreprises sont des groupes nationaux et internationaux qui louent des bateaux à travers toute l’Europe, les opportunités de carrière ne sont donc pas à négliger. Les offres d’emploi concernent surtout la maintenance (mécanique, électricité, composites, plomberie) ou la partie commerciale et relation client.

Au delà des périodes de confinement où la navigation de plaisance est interdite, la crise sanitaire a provoqué l’annulation des salons nautiques. Néanmoins le bateau reste un fantastique outil de liberté qui garanti dans une certaine mesure la distanciation physique. Durant l’été 2020 les plaisanciers sont sortis en mer pour profiter de la nature et de la liberté retrouvés.

Que c’est il passé pendant le confinement?

Les entreprises n’ont pu vendre ou louer des bateaux bien entendu mais la maintenance et la construction des navires de plaisance se sont poursuivis. Les clients ont fait entretenir leur bateau en prévision des jours meilleurs et les entreprise ont pu se concentrer sur cette activité dès que le transport des pièces de rechange a repris. Certaines mesures d’aide économique ont permis d’attendre le déconfinement en aidant à supporter les charges. La location fluviale, coupée de sa clientèle historique étrangère, a beaucoup souffert par manque de réservations. Les constructeurs ont repris la production rapidement et les secteurs de la maintenance, de la voilerie et autre ont repris.

Et ensuite, entre le printemps et l’automne?

La reprise a été très forte du fait de cette envie très forte d’aller en mer pour les plaisanciers. Certaines ventes qui n’avaient pu se faire pendant le confinement, notamment pour les petites embarcations, se sont reportées au printemps.

Pour les plus grosses unités, l’annulation des salons où près des 2/3 des ventes annuelles sont réalisées a eu de lourdes conséquences. Les constructeurs ont du réinventer leur relation client. Des mini-salons VIP, des visites virtuelles et certainement au printemps prochain un salon nautique de paris virtuel: le virtual nautic organisé par la fédération des industries nautiques.

la saison estivale a été plutôt bonne dans les ports de plaisance qui ont bénéficiés de ces mouvements de bateaux de plaisance. pour les mêmes raisons, les vendeurs d’équipement ont reportés la plus grosse partie de leurs ventes du printemps sur l’été. Les entreprises positionnées sur la sellerie nautique ou la voilerie ont elles aussi travaillé cet été. Globalement, les professionnels de la filière nautique ont plutôt bien passé la crise sanitaire et ont su s’adapter. Pour le moment en tout cas, car des inquiétudes persistent sur le moyen et le long terme.

Quel est le bilan de cette année chaotique?

le nautisme fluvial a réussi à capter une nouvelle clientèle hexagonale amoureuse de calme et de liberté. la société Le Boat interrogée par le figaronautisme, indiquait au printemps un afflux de nouveaux clients qui se sont rendu compte que ce type de navigation est accessible à tous puisque sans permis. Des mesures particulières sont prises lors de la prise en main du bateau notamment mais ces nouveaux clients découvrent un mode de vacance proche et malgré tout dépaysant!

Interviewé par Nicolas Venance d’Actunautique.com, Olivier Poncin de Catana Group tire le bilan de 2020.

Toujours sur le site actunautique.com, Eric Tordjmann d’Alliance Nautique 66 tire le bilan pour la concession Jeanneau de Canet en Roussillon.

Une année qui va rester dans les annales! Une saison surprenante avec des ventes qui sont revenues quasi à la normale au mois de Mai après le déconfinement. La surprise vient de nouveaux clients qui sont venus au nautisme et à la plaisance. La frustration engendrée par la crise sanitaire a provoqué l’arrivée d’une nouvelle clientèle plus jeune ce qui est encourageant pour l’avenir de la filière. Le nautisme comme porte de sortie et l’occasion de profiter de la grande nature en famille.

Alors qu’il était jusqu’à présent impensable de passer une année sans salon nautique, il a fallut se réinventé et créer l’évènement. Dans les années qui viennent la relation client dans le nautisme va profondément se transformer: salons et visites virtuelles, essais VIP, etc.

Catamaran Outremer en construction

La construction des navires de plaisance a longtemps reposé sur des compétences de base correspondant à un niveau Bac ou moins. Aujourd’hui les technologies mises en œuvre, les impératifs de productivité, l’industrialisation en général sont en train de bousculer les choses. Les groupes français, qui sont les principaux constructeurs de plaisance au monde, ont tous engagé une rationalisation de la production. Les méthodes basées sur la qualité et son contrôle, venant d’autres secteurs industriels comme l’automobile par exemple, se généralisent dans la filière nautique. C’est le cas par exemple chez Bénéteau, Jeanneau, Foutaine-Pajot, Grand Large Yachting ou Catana Group. Voici une vidéo qui reprend les différentes étapes de la conception à la mise à l’eau d’un bateau de plaisance: le Bordeau 60 de CNB (groupe Bénéteau).

CNB Bordeaux 60

Quels sont les métiers qui assurent la conception des bateaux de plaisance?

Les bureaux d’étude des constructeurs de plaisance recrutent des dessinateurs et des ingénieurs. Le BE est chargé de dessiner les pièces, valider les matériaux, l’ergonomie ou le process d’industrialisation. Cela réclame de la rigueur et d’aimer le travail en équipe.

Concepteur Bureau d’Etude

Quels sont les métiers qui structurent et optimisent la production?

l’industrialisation de la production implique une montée en compétence en composite, en logistique, en électricité ou en menuiserie. les bateaux ont des équipements de plus en plus riches et donc les savoirs faires impliqués dans leur réalisation sont de plus en plus variés. Construire un bateau de plaisance fait appel à de nombreuses expertises.

L’expertise en matériaux composites

la plus part des coques des navires de plaisance sont en matériaux composites or les techniques ont beaucoup évoluées ces dernières années. Pour limiter les risques liés aux produits employés par les opérateurs, pour mieux maîtriser les quantités de produits utilisés et donc le coût et la masse du bateau entre autres. La stratification au contacte a été quasiment abandonnée pour laisser place à l’infusion sou vide. La technique d’infusion est menée par des opérateurs mais préparée en amont et encadrée par des techniciens supérieurs titulaires d’un BTS Euro Plastics et Composites (BTS EPC) en alternance par exemple. l’alternance permet d’équilibrer les périodes d’apprentissage en entreprise et les périodes en centre de formation (Lycée ou CFA).

Baptiste, apprenti composite

La généralisation du contrôle qualité pour s’assurer que les pièces fabriquées sont conformes aux préconisations du bureau d’étude est à l’origine du recrutement de profils encore plus élevés. Pour cela, il existe des parcours en alternance d’ingénieur en matériaux composites ou d’expert moulage par exemple.

Technicien supérieur et ingénieur en composites

L’expertise en logistique

Les pièces montées sont un bateau de plaisance lors de sa fabrication sont très nombreuses: de l’ordre de 10000. Il faut donc être certain que les différentes équipes seront approvisionnées régulièrement et donc la logistique en amont est primordiale. Il faut approvisionner les stratifieurs, les menuisiers, les électriciens, les plombiers, les accastilleurs, etc.

L’approvisionneur

L’expertise en menuiserie

Dans un bateau de plaisance on trouve de très nombreuses pièces en bois: les meubles, les planchers, les portes ou les cloisons en autres. Sur un même model, les constructeurs proposent souvent plusieurs essences de bois qui permettent une personnalisation de l’ambiance intérieure du bateau. Des bois claires ou plus sombres, des teintes acajou ou plus modernes. Les menuiseries représentent la partie qui “saute aux yeux” quand on rentre dans un bateau, il est donc très important que la mise en œuvre soit irréprochable! Le menuisier agenceur doit être expert en la matière et passionné par les beaux objets qu’il confectionne. Il existe un Bac Pro de Technicien Menuisier Agenceur (TMA) et le BTS correspondant. Ces compétences d’acquièrent à Villelongue dels Monts, Béziers ou Nîmes en initial mais aussi avec le GRETA en alternance.

Technicien Menuisier Agenceur Nautique

Les ports de plaisance sont en pleine mutation: renouvellement de la clientèle, des pratiques, des services et des infrastructures. Les ports modernes ont définitivement tournés le dos aux “parkings à bateaux”! Le port de plaisance de demain est un port qui se diversifie dans les usages et les services avec une interaction toujours plus forte avec le territoire. L’objectif est aujourd’hui d’imaginer les conditions d’une synergie entre le port et son territoire.

Vidéo Suez qui présente l’évolution actuelle des ports de plaisance

La révolution numérique est en marche dans les ports de plaisance de demain avec des capteurs et des applications qui répondent à de nouveaux impératifs de sécurité, d’environnement ou de services. Le concept du port connecté révolutionne la gestion portuaire mais aussi l’expérience client.

Les ports de plaisance s’ouvrent à la connectivité à l’image des solutions proposées par nauticspot

Le Hackathon des ports: Comment rendre une escale attractive?

Lors du nautic 2019, l’Union des Villes Portuaires d’Occitanie (UVPO), l’agence de développement économique régional (AD’OCC) et le campus des métiers du nautisme Occitanie (Nauti Campus); ont décidés de mettre en place un hackathon des ports de plaisance. Ce hackathon est un format innovant d’une journée “d’idéation” ayant pour objectif de faire émerger des propositions inédites à mettre en œuvre dans les ports de plaisance de demain. Lors de cette journée organisée au lycée des métiers du nautisme de Canet en Roussillon, 5 équipes de 6 personnes ont relevées le défit! Chaque équipe était composée d’un représentant des ports Français ou Catalan, d’un plaisancier, d’un professionnel du nautisme, d’un étudiant en urbanisme ou tourisme, d’un représentant des clubs de voile ou de la location, etc. La grande diversité de ces coéquipiers a stimulé les échanges et la créativité des propositions.

Lancement du hackathon

C’est près d’une cinquantaine de personnes qui sont rassemblées pour lancer cette journée d’idéation autour de la thématique de l’escale. La question posée aux 5 équipes était: “comment rendre attractive une escale?”. Les réflexions portant autant sur l’escale fluviale que maritime. En effet l’UVPO regroupe des ports de la façade maritime de l’Occitanie mais aussi des ports fluviaux qui étaient représentés dans les équipes.

Lancement de la journée

Les participants de ce hackathon, tous concernés par la thématique portuaire, viennent de toute la région Occitanie: Port Camargue, Carnon, Sète, Oms, Capestang, Gruissan, Canet, Argelès, etc.

Trois équipes au travail

Les groupes de travail se sont réunis deux heures le matin puis à nouveau l’après-midi avant de venir pitcher sur 3 minutes leurs propositions devant le jury. Le jury de cette journée étant chargé de faire émerger les propositions les plus innovantes. Chaque groupe était accompagné dans les réflexions par l’agence GRAVITY notamment sur la méthodologie propre au format hackathon.

Le jury : Serge PALLARES, Stéphane LODA, Michel MOLI, Guy ESCLOPE, Catherine BERGER, Franck BARREDA et  Igor KNIBIEHLY

Le jury du Hackathon

Pour former ce jury, là encore la pluralité des compétence a été de mise: le président de l’UVPO, le maire de Canet, le directeur du parc marin, le vise président de la région, la directrice de l’agence AD’OCC, un plaisancier retraité de la DIRECCTE et un représentant du tourisme.

Les pitchs des 5 équipes en lice

Chaque équipe est venu présenter ses propositions au membres du jury pendant 3 minutes avant de répondre à 3 questions du jury. Les réflexions menées furent très intéressantes et variées comme en témoigne cette photo d’un tableau rempli par l’une des équipe en fin de journée.

Le tableau de l’équipe numéro 3
Le jury et les participant lors de la présentation des propositions de chaque équipe

Comment vont être exploitées ces propositions?

Les propositions qui émergent de cette journée de réflexion seront présentées lors de la prochaine réunion de l’union des villes portuaires d’Occitanie. Elles portent sur l’émergence de la copropriété et la co-navigation, des applications donnant accès aux services du port et du territoire ou encore le développement d’un service de conciergerie. Les nouveaux plaisanciers ayant d’avantage besoin d’un accompagnement à la pratique que les plaisanciers historiques. La connectivité et le développement du numérique dans les ports et en inter portuaire ressort comme un atout incontournable qui répond à une attente forte des nouveaux usagers.

Cette année le salon du littoral s’est tenu au palais des congrès de La Grande Motte après une inauguration par Mme Annick GIRARDIN ministre de la mer. Ce salon permet de faire le point sur les enjeux liés au littoral qu’ils soient environnementaux ou économiques. Ces deux journées s’articulent autour des conférences, des tables rondes thématiques et des rencontres d’affaires BtoSea.

Site web du salon du littoral où l'on peut revoir les tables rondes
Page d’accueil du site dédié au salon

Les thématiques des conférences et tables rondes

Les conférences ont portées sur les modèles énergétiques à développer pour la pêche et les ports de plaisance avec Thierry MEUNIER chef de projet chez EDF; le futur de l’éolien flottant en méditerranée avec Jean Philippe BONNET délégué général RTE ou encore le patrimoine immobilier en zone littoral avec Zoé MAHE directrice plan littoral 21.

codorniou ouverture des conférences
Didier CODORNIOU ouvre le cycle de conférences
Le déploiement du parc éolien en méditerranée

Les tables rondes sous l’égide du Parlement de la Mer, ont quant à elles permis des échanges sur les thématiques de l’évolution des ports de demain; le développement économique en zone littoral ou le tourisme sur le littoral d’Occitanie. Le campus des métiers du nautisme était convié, comme l’an dernier, à la table ronde sur le développement économique en zone littoral. L’évolution des services et des technologies liées à la plaisance impliquant un accompagnement par la formation. La montée en compétence des acteurs économiques ne pouvant se faire sans un volet formation pertinent.

Quelle évolution pour les ports de plaisance?

La première table ronde animée par Estelle BRISSET a porté sur l’évolution des ports de plaisance. L’enjeux des ports de demain est de s’adapter aux différentes attentes des usagers, ainsi qu’aux contraintes et nouvelles opportunités d’usages. Sans négliger l’intégration des ports de plaisance dans l’environnement urbain et économique. Elsa Nicol de Wattson Elements a présenté les innovations dans le domaine de la connectivité numérique autour de trois axes: l’environnement, la gestion des usagers et la création d’une communauté de plaisanciers. Les applications via une connexion sans fil permettent aujourd’hui de détecter une place vacante, de gérer la distribution d’eau ou d’électricité, de détecter un incendie ou de révolutionner la relation client en mettant le client en lien avec l’écosystème portuaire.

quel avenir poiur les ports
Evolution des ports de plaisance

Serge PALLARES, président de l’UVPO et de l’FFPP a présenté l’évolution en marche dans les ports de plaisance d’Occitanie. Il a présenté les différentes solutions qui ont commencées à être déployées dans les ports d’Occitanie. Avec l’appuie du Parlement de la Mer et de la Direction de la Mer de la Région, l’UVPO met en place un projet structurant pour le territoire. Pour accompagner les transformations vers le port connecté de demain, Serge PALLARES a insisté sur le rôle capital de la formation pour les 3500 salariés de ports de plaisance de la région. La modernisation des ports et le développement économique associé ne pourra se faire sans s’appuyer sur la formation, d’où le rôle du campus des métiers du nautisme qui regroupe les compétences sur la filière du lycée à l’université.

Comment favoriser le développement économique en zone littoral?

Cette seconde table ronde portait sur les atouts du littoral méditerranéen français qui continue d’être une zone porteuse en terme de création d’emplois et d’entreprises dans le domaine des industries nautiques. La question posée c’est comment concilier sur ces territoires les objectifs production de richesses et la croissance bleue ?

Colette CERTOUX vice présidente de la Fédération des Industries Nautiques (FIN)

Colette CERTOUX a présenté le contexte économique de la filière nautique depuis le début de la crise sanitaire. Avec l’annulation de la plupart des salons nautiques d’automne les professionnels sont obligés de réinventer leur relation client pour rester en contact avec une clientèle qui achetait 70% des bateaux à l’occasion de ces salons. D’autre part, Julie PERSON de Microphyt a présenté les perspectives industrielles sur les molécules à forte valeur ajoutées issues des micro algues. Ces propos venant à la suite de ceux de Serge PALLARES n’ont fait que confirmer les liens du littoral et de la mer avec la formation, la recherche et le développement.

table ronde économie du littoral
Table ronde sur le développement économique du littoral

Le campus des métiers du nautisme est le réseau sur lequel la filière dans son ensemble peut s’appuyer. Guillaume PHILIPPE, le directeur opérationnel du campus a présenté les formatons innovantes ouvertes cette année au sein du campus. Le campus est membre du Parlement de la Mer ainsi que de la commission emploi-formation de l’UVPO. Cela a permis de mettre en place un Diplôme Universitaire de gestion portuaire avec l’un des membres fondateur du campus: l’Institut d’Administration des Entreprises (IAE) de l’UPVD. Ce diplôme Bac+3 a été conçu pour accompagner la montée en compétence des cadres des ports connectés de demain que ce soit pour les ports de plaisance maritimes ou fluviaux.

Toujours pour accompagner l’évolution des ports, le campus s’associe à l’agence AD’OCC et à l’UVPO pour organiser une journée d’idéation le 15 octobre 2020 afin de faire émerger des propositions innovantes pour les ports de demain.

Le campus ouvre aussi 3 formations complémentaires aux diplômes existants afin de faciliter l’insertion professionnelle des jeunes bacheliers professionnels. A partir d’enquêtes menées par le campus auprès des industriels de la filière, des contenus inédits de formation ont été identifiés. En s’appuyant sur les plateaux techniques et les ressources humaines du campus, 3 formations ont été crées à la demande des professionnels.

Aménagements Bali

1 formation sur les aménagements en bois des bateaux de plaisance qui est proposée au Lycée Alfred Sauvy de Villelongue dels Monts qui s’adresse aux bac pro menuisier agenceur.

drapage rouf bali
drapage

1 formation sur les matériaux composites (drapage et finitions) au lycée des métiers du nautisme Rosa Luxemburg de Canet en Roussillon qui s’adresse aux bac pro plastiques et composites de Canet ou de Pézenas.

Les contenus de ces deux premières formations ont été définis avec les principaux fabricants de catamarans de plaisance implantés en Occitanie: WINDELOCATANA GROUP et GRAND LARGE YACHTING.

Delta Voiles Mauguio

1 formation sur la sellerie nautique et la voilerie au lycée Rosa Luxemburg de Canet en Roussillon qui s’adresse aux Bac Pro matériaux souples de Canet, Perpignan ou Sète. Cette formation ayant été conçue avec les acteurs du secteur comme Delta VoilesVega voilesEpure entre autres.

Une vingtaine de jeunes du lycée Alfred Sauvy (lycée du bâtiment) ont visité les lignes de production des catamarans de la gamme BALI à Canet en Roussillon. Ces élèves de Bac Pro Menuisiers Agenceurs et de Bac Pro métiers de l’Electricité étaient accueillis sur le chantier CATANA. Ils ont pu se rendre compte de visu que les compétences qui composent leur diplôme sont aussi très recherchées dans la filière nautique. le campus du nautisme organise régulièrement des visites d’entreprises avec des jeunes hors du secteur nautisme. Ces visites ayant pour objectif d’élargir le champ des possibles et d’optimiser l’insertion professionnelle. Les élèves du secteur du bâtiment se rendent ainsi compte que le nautisme local recherche leurs compétences et sollicitent des stages dans ces entreprises qui recrutent.

L’industrie nautique fait appel à des compétences très variées, il est donc indispensable de présenter aux jeunes l’incroyable diversité des métiers du nautisme. C’est le rôle du campus des métiers que de diffuser l’information au sein des établissements de formation dont le cœur de métier est en apparence éloigné du nautisme. Un rapide tour d’horizon sur les formations du campus permet de découvrir ce très large éventail de métiers qui recrutent au sein de la filière de plaisance.

La découpe et la préparation des menuiseries avant le montage

Les menuiseries sont préparées à l’usine que le groupe CATANA possède à Rivesaltes où s’effectue la découpe des différents panneaux et la pose des chants. Suite à une visite comparable à Rivesaltes des liens se sont tissés entre le lycée Sauvy et le site de découpe: des jeunes de ce lycée effectuent leur déjà stage là-bas et s’intègrent parfaitement aux équipes en place.

Visite du site de Rivesaltes
Les lycéens de Sauvy sur le site de Rivesaltes

Pour chaque bateau produit par le groupe, les menuiseries sont regroupées et expédiées sur le site de montage et de pose. C’est ce second type de site que les élèves de Sauvy ont visité à Canet. Ces éléments en bois sont confiés aux équipes chargées du montage et de la pose.

Le montage et la pose des aménagements

La visite a débuté par l’atelier de montage des blocs cabine, salle de bain, ou encore cuisine. Ce montage se fait hors de la coque afin de pouvoir tourner tout autour du bloc puis on passe à la pose dans le bateau avant que celui-ci ne soit ponté.

2 blocs salle de bain
la cuisine du BALI 5.4

Les meubles sont eux aussi monté à l’extérieure de la coque du bateau avant d’être posées à leur emplacement définitif.

Les équipes chargées du montage ont aussi à leur disposition des machines traditionnelles de menuiserie que ces jeunes Bac Pro connaissent bien. Cela permet d’effectuer les petites retouches ou ajustements personnalisés.

Le câblage des équipements électriques en parallèle de la pose des aménagements

Les Bac Pro Métiers de l’Electricité ont pu observer l’installation dans la coque des bateaux des différents circuits électriques. Que ce soit les circuits entre le stockage et la production d’énergie électrique ou encore les circuits liés au confort et à l’éclairage par exemple. Ces catamarans de près de 17m de long sur presque 9m de large possèdent de très nombreux équipements électriques: réfrigérateur, congélateur, éclairage, climatisation, électronique, communications, etc. Ces quelques vues de l’intérieur du catamaran permettent de mesurer la complexité du câblage à mettre en place lors de la construction.

Câblage d’un réservoir de gasoil

Depuis la plateforme où sont stockées les différentes pièces à installer dans le bateau, les jeunes ont observé la pose de ces différents circuits électriques. Ils sont beaucoup plus accoutumés à officier dans le bâtiment mais peuvent, avec cette visite, constater que leurs compétences sont aussi recherchées pour la construction d’un bateau de plaisance.

Les perspectives ouvertes par cette visite

En plus de sensibiliser ces jeunes Bac Pro du bâtiment sur les opportunités qui leur tendent les bras dans la filière nautique, cette visite a permis de renforcer les liens entre l’établissement scolaire et l’entreprise. En effet des échanges sur les contenus de formation et la mise en place prochaine de formations complémentaires en aménagement des bateaux ont permis de programmer d’autres rencontres entre les enseignants et le responsable des menuiseries.

Echanges sur les contenus de formation

La motorisation des bateaux de plaisance est, comme pour l’automobile, à l’aube d’une révolution technologique majeure : les énergies fossilles vont être abandonnées au profis de l’énergie électrique. Les moteurs électriques sont plus fiables, ont un meilleur rendement, demandent moins d’entretien et surtout sont beaucoup plus respectueux de l’environnement en fonctionnement.

Le campus des métiers du nautisme a vocation d’accompagner la filière dans cette révolution par la formation et la recherche. Nous allons voir que les compétences et donc les métiers mobilisés par ce passage à l’électrique sont très variées en nature et en niveau scolaire.

Le principe général et l’architecture des modes de propulsion thermique et électrique sont comparables. C’est ce que montre ce schéma tiré du site collaboratif plaisance écologique. Cependant la charge des batteries est plus complexe que de remplir un réservoir de gasoil !

Produire à bord l’énergie électrique repose sur plusieurs solutions : le groupe électrogène électrique (on retombe dans l’énergie fossile…), les panneaux solaires, l’éolienne, l’hydrogénérateur ou la pile à hydrogène.

Remotorisation en électrique d’un voilier

Le schéma d’une installation basique sur un catamaran (2 coques donc 2 moteurs) est le suivant :

Un autre exemple de remotorisation en
électrique
Schéma motorisation électrique d'un catamaran
Schéma motorisation électrique d’un catamaran
1Générateur (diesel ou H2)
2Batteries de propulsion (AGM ou Lithium)
3Contrôleur du parc propulsion
4Boitier connexion des circuits
5Chargeur/Transformateur
6Prise de quai
7Coupe circuit
8Contrôleur moteur
9Moteur électrique
10Ecran de contrôle
11Manette de contrôle
12Moniteur de contrôle global
13Panneaux solaires
14Régulateur de charge des panneaux
15Convertisseur (alt./cont.)
16Batteries du bord (confort)

L’installation est donc assez complexe et surtout elle impose d’interconnecter des tensions de nature différentes (alternatives et continues) mais aussi de valeurs différentes (12V-48V-230V à minima). Il faut donc des compétences solides en électricité pour gérer les différentes tensions et sous-circuits mais aussi être capable de dimensionner la section des câbles en fonction des intensités à transporter sans risquer l’incendie !

Ce type d’installation intégrée dès la conception du catamaran est l’approche suivie par le chantier WINDELO qui lance la production de catamarans de plaisance avec un impacte réduit sur l’environnement: fibre de basalte, sandwich PET et motorisation électrique avec des moteurs LINCH. Le moteur électrique est beaucoup plus léger et moins encombrant qu’un diésel équivalent même si la masse globale de l’installation (moteur+batteries+groupe électrogène) est comparable à une propulsion classique (diésel+groupe). A ceci près qu’en électrique on peut mieux centrer les masses et donc obtenir un meilleur comportement marin.

Moteur électrique lynch windelo
Moteur électrique en première monte sur WINDELO 50

Compétences en électricité :

Le circuit de charge par panneaux solaires, hydrogénérateurs et éoliennes fourni un courant continu en 12 ou 24V. Le générateur fourni du courant alternatif en  monophasé ou triphasé (230 ou 400V). Le chargeur de quai fonctionne en alternatif monophasé (230V). Le parc batteries de servitude est en courant continu 12 ou 24V pour alimenter les équipements du bord et l’électronique de navigation. Par contre, le parc de propulsion stocke l’énergie en courant continu sous une tension entre 48 et 96V. Son dimensionnement ainsi que celui des câblages de l’installation est primordial. D’autre part, il faut maîtriser les différentes technologies de batteries (Gel, Lithium-ion, AGM), le poids, l’encombrement, le coût ou la durée de vie.

Les moteurs fonctionnent en alternatif à fréquence variable. D’autre part, tous les régulateurs et contrôleurs de l’installation font appel à des compétences  tout aussi pointue en électronique. La régulation des parcs batterie, la conversion alternatif-continu, le contrôle des moteurs par variation de fréquence, etc.

Compétences en électronique :

Le contrôleur du parc de propulsion gère des capteurs de température, tension, courant. Le boitier de connexion des différents circuits gère le bus de données. Le chargeur/transformateur transforme le 230 alternatif en signaux électriques adaptés aux autres appareils. Les moteurs sont quand à eux gérés électroniquement en tension/courant/fréquence. les tensions d’alimentation doivent être adaptées continuellement afin que le champ reste en avance sur la position du rotor, et ainsi créer un couple moteur. D’où l’importance de la qualité du contrôleur !

Ce qui amène aux compétences en électrotechnique que requièrent  les moteurs électriques, en général des moteurs asynchrones à courant alternatif sans connexion entre le stator et le rotor (brushless) pour optimiser la fiabilité et la maintenance.

Compétences en électrotechnique :

Pour une utilisation nautique les moteurs Les moteurs à courant continu comportant des pièces dites « d’usure » (système balais-collecteur) qui nécessitent une maintenance régulière et vont encrasser le rotor, et accessoirement tout ce qui est à proximité du moteur (platine de contrôle et d’asservissement y compris) sont à proscrire. La maîtrise des moteurs asynchrones en termes de technologie, de puissance et de maintenance est primordiale.

En région Occitanie les formations délivrant ces compétences recherchées par l’industrie nautique de demain sont nombreuses:

Les niveaux de formations Licence/Master/Doctorat sont aussi représentés avec les écoles supérieures et les universités : l’école des mines d’Alès, l’institut d’électronique des systèmes de Montpellier, les universités de Toulouse et Montpellier par exemple.

Le site de la Région Occitanie dédié à la formation:” me former en région” vous indiquera les formations disponibles en initial ou en alternance.

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